
Nos actions dans le camp de Kara Tepe

La Karavane humanitaire

Teach & Play project
L’histoire du camp de Kara Tepe



2013-2016 : les prémices d’un désastre
Dès 2013, sur une ancienne base militaire, un camp pouvant accueillir 150 personnes fut créé. En 2015, face à l’afflux croissant de réfugiés afghans et syriens, sa capacité est étendue à 2000 places. En 2016, l’UE signe un pacte migratoire avec la Turquie, qui prévoit le renvoi systématique de toutes les personnes exilées vers la Turquie en contrepartie de 6 milliards d’euros. Le président turc est alors résolu à se servir de cette crise migratoire comme d’un outil diplomatique et géopolitique. Néanmoins, fin 2016, 7000 réfugiés avaient déjà rejoint l’île de Lesbos.
2016-2019 : la jungle de Moria
Bravant la répression toujours plus forte de l’UE et du gouvernement turc, femmes, hommes et enfants, portés par l’espoir d’une vie meilleure, continuent de traverser la mer Egée dans le but d’atteindre les côtes grecques. En 2018, plus de 15000 personnes y étaient déjà parvenus et avaient accosté à Lesbos. Pour avoir un ordre d’idée, l’île de Lesbos compte 100 000 habitants. Mytilène, la ville principale de l’île, située à 3km du camp, en comptait 30 000. Pendant de longues années, enfants, femmes et hommes dormaient sur des nattes posées dans des tentes, sans eau courante et ne mangeait qu’un repas par jour. Agressions, viols, les femmes étaient les premières victimes de ce bidonville improvisé en plein cœur de l’île de Lesbos. Une bombe à retardement. Le désastre était annoncé.
2020-2025 : l’incendie et la création du camp de Kara Tepe
En 2020, un incendie se déclare dans le camp de Moria. 13 000 exilé.es se retrouvent sans abri et se réfugièrent dans les rues de Mytilène et de ses environs. Rues où, très rapidement, se mit en place une chaîne de solidarité pour apporter une aide d’urgence à des familles entières qui s’entassent dans les rues de la petite ville grecque. Dans la foulée, un nouveau camp est créé. Un camp dont la gestion répéta les mêmes erreurs que celui de Moria : inondations, malnutrition, hygiène laborieuse rendirent la vie des personnes exilées insupportables. Trois dispositions furent alors mises en place. La première, diminuer l’afflux de réfugiés par la mise en place de « push backs ». Ou le harcèlement régulier et le fait de repousser plus violemment les réfugiés qui essaient de franchir la Mer Egée. De nombreuses histoires racontent le racket des patrouilles Frontex (entreprise privée financée par l’UE) ou les brigadiers grecs sur les personnes exilées. En pleine mer, gouvernails, papiers d’identité, biens de valeur, tout est arraché des mains des exilé.es et jeté en mer. Les renvoyant et laissant sans rien sur les terres turques. La deuxième est l’accélération et la facilitation des demandes d’asile. La troisième est l’apport de meilleures conditions de vie dans le camp.

Comment le lien avec Lesbos s’est-il fait ?
« En juillet 2024, je partais en stop de Lisieux avec le projet fou de débarquer sur l’île de Lesbos, en Grèce. Ce n’était pas son décor bucolique qui m’intéressait, mais son tristement célèbre camp de réfugié.es. En tant que représentant de notre association, je désirais plus que tout construire un pont avec cette île et construire un projet à destination des enfants du camp. Rennes, Quimper, Brive, Perpignan, Nice, Gênes, Florence, Naples, Brindisi, Athènes, Lesbos. Tel fut mon chemin. Autant de villes où j’ai pu sensibiliser, parler de la situation sur place. Après avoir parcouru le web à la recherche de contacts associatifs agissant dans le camp, j’ai finalement reçu un appel, aux alentours de Perpignan, de Michaelis, m’invitant à nous rencontrer et m’offrant le gîte le temps de ma venue sur l’île. La suite, je vous invite à la découvrir sur la page prévue à l’effet du projet « Teach & Play » qui en a découlé. »
Etienne, membre de l’association
Et qu’en est-il maintenant ?
Message du president de l’association Stand by me Lesvos sur la situation actuelle a lesbos
« La population actuelle du camp est d’environ 1500 réfugiés. Il y a quelques mois, ce nombre était d’environ 1000, alors qu’il y a deux ans il atteignait 3000. Les autorités déploient des efforts considérables pour accélérer le traitement des demandes d’asile afin qu’un grand nombre d’exilé.es ne restent pas longtemps à Lesbos. A l’heure actuelle, iels restent dans le camp pendant deux à trois mois en moyenne, tandis que les cas les plus complexes peuvent y rester pendant six à huit mois. Le faible nombre de réfugiés s’explique donc par la courte durée de leur séjour sur l’île avant leur transfert vers le continent ou vers d’autres pays. Les arrivées restent toutefois nombreuses, et malheureusement, beaucoup d’entre elles ont lieu par mauvais temps et en mer agitée, ce qui conduit trop souvent à des accidents tragiques au cours desquels des hommes, femmes et enfants perdent la vie lors de la dangereuse traversée. Dans le même temps, les gardes-côtes continuent de mener des opérations « push backs » dangereux, comme en témoigne un incident récent qui a entraîné la noyade de quinze personnes près de l’île voisine de Chios. Pendant leur séjour ici, les réfugié.es sont confrontés à plusieurs difficultés, telles que les barrières de la langue avec les autorités et habitants, la mauvaise qualité de la nourriture et les conditions de vie. Iels vivent dans des conteneurs ou tentes à 8 à 10 personnes. Iels souffrent du manque de vêtements également, car iels n’arrivent avec presque rien. Notre travail vise à remédier à ces problèmes, en accordant une attention particulière aux femmes, qui constituent le groupe le plus vulnérable parmi la population migrante. » Michaelis Aivoliotis

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